Personne n'a jamais décidé qu'un sentier existerait. Quelqu'un a traversé le bois un jour par là parce que c'était le passage le plus doux, un autre a suivi ses traces, et au bout de quelques saisons la forêt garde la marque de tous ces pas sans qu'aucun n'ait pesé bien lourd. J'aime que les plus vieux chemins du monde soient nés ainsi, sans plan et sans permission, de la simple répétition d'un pied posé au même endroit. Les liens entre les gens se tracent de la même manière. Nous revenons nous asseoir à la même table, nous reposons la même question à la même personne, et un jour nous nous apercevons qu'un chemin existe entre elle et nous, assez battu pour se retrouver dans le noir. Les grandes décisions font du bruit, mais ce sont les passages répétés qui dessinent une vie. Vers qui mes pas reviennent-ils sans que je le leur demande?