Un orage d'août ne demande la permission à personne. Le ciel se charge en quelques minutes, la première goutte frappe la poussière, et tous les plans de l'après-midi se rangent d'eux-mêmes. Ce qu'on appelle un contretemps est souvent la seule pause qu'on n'aurait jamais osé se donner : la pluie décide à notre place, et quelque chose en nous la remercie en secret. On s'assoit, on regarde tomber l'eau, et des inconnus qui couraient chacun vers leur journée se retrouvent à attendre ensemble, ce qui ressemble déjà à une conversation. Les jardins, eux, n'ont jamais considéré la pluie comme une interruption; pour eux, c'est l'événement principal. Peut-être que la différence entre subir un orage et le recevoir tient à une seule chose, la vitesse à laquelle on renonce à ce qu'on avait prévu. Qu'est-ce que je défendrai encore, aujourd'hui, contre une pluie qui voulait seulement me faire asseoir?