Novembre raccourcit les jours et nos marches finissent à la noirceur. Une lanterne n'éclaire jamais loin : trois ou quatre pas, à peine le bord du chemin. Les gens d'avant traversaient pourtant des forêts entières avec si peu. Le cercle de lumière avançait avec eux et la route se donnait un pas à la fois. Je repense à ce petit cercle chaque fois qu'un projet me paraît trop grand pour que j'ose seulement le commencer. La lanterne ne promet jamais la forêt entière, seulement la prochaine enjambée. De quoi d'autre ai-je vraiment besoin ce soir?