Sur les sentiers de montagne, des piles de pierres marquent le chemin là où la trace s'efface. Les marcheurs les appellent des cairns. Personne ne les a bâtis d'un coup : chaque passant qui ajoute sa pierre consolide le repère pour le suivant. Celui qui pose la pierre ne verra jamais celui qu'elle guidera, et celui qui la suit ne saura jamais qui l'a posée. Des inconnus se tiennent ainsi la main par-dessus les années, sans se croiser une seule fois. J'aime que la montagne garde la preuve que la confiance peut voyager sans visage. Nous croyons souvent qu'aider demande d'être là; le cairn aide depuis cent ans sans attendre personne. Quelle pierre ai-je posée cette semaine pour un marcheur que je ne rencontrerai jamais?