Hier soir, un invité accordait sa guitare près du feu, et j'ai trouvé ce moment plus beau que la chanson qui a suivi. Pendant qu'on accorde, personne ne performe encore : on cherche seulement à être juste. La corde trop tendue tire vers le haut, la corde relâchée traîne vers le bas, et l'oreille patiente les ramène au vrai. Je me suis dit que les conversations demandent le même soin. Les premières minutes avec un inconnu servent à ça, tendre un peu, relâcher un peu, jusqu'à ce que deux voix se répondent sans forcer. La musique qui vient ensuite ne fait que confirmer un accord déjà trouvé. Ce matin, avant de me mettre à jouer ma journée, j'essaie d'écouter où je force et où je traîne.